Union africaine – Le moment est venu d’améliorer la sécurité alimentaire en Afrique

Sharon Kavhu

Windhoek – Le département de l’économie rurale et de l’agriculture de la Commission de l’Union africaine a engagé les États africains à utiliser cette période de pandémie de COVID-19 pour améliorer la sécurité alimentaire grâce à la recherche et à l’innovation agricoles.

Selon Son Excellence Mme Josepha Leonel Correta Sacko, Commissaire en charge du département susmentionné, la COVID-19 offre à l’Afrique l’occasion de trouver des solutions adaptées au contexte et pertinentes pour le continent.

« C’est le moment idéal pour améliorer la sécurité alimentaire en Afrique. Il s’agit d’une crise dans la crise. La science, la technologie et l’innovation sont plus que jamais des questions extrêmement importantes. » a-t-elle affirmé lors de son allocution prononcée durant le forum électronique sur la contribution de la recherche agricole et de l’innovation à l’atténuation de l’impact de la COVID-19 en Afrique tenu la semaine dernière.

Elle a souligné l’importance de la science pour ce qui est de trouver des solutions aux crises dues aux changements climatiques et à la COVID-19 qui devraient avoir un impact négatif sur la sécurité alimentaire en Afrique.

Dr Idrahim Mayaki, Directeur général de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), qui abondait dans le sens de Mme Correta Sacko, a affirmé que la COVID-19 était un problème local qui nécessitait une solution locale.

Il a mis en garde les pays africains contre la mise à l’écart des conclusions de la recherche locale au profit des résultats de recherches menées à l’extérieur qui ne résolvaient pas le problème.

« Nous ne devons pas faire progresser le programme des autres mais faire avancer celui de l’Afrique pour que le continent devienne autosuffisant » a-t-il ajouté.

La crise liée à la pandémie de COVID-19 arrive à un moment où l’Afrique est privée du rendement agricole normal en raison des effets du changement climatique. En outre, les inondations et la sècheresse ont affecté la production alimentaire en Afrique australe.

Au cours de la réunion, une représentante des agriculteurs, Elizabeth Nsimadala, qui est également Présidente de l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO), a mis en évidence certains des problèmes auxquels se heurtent les agriculteurs en raison de la COVID-19.

Au nombre de ces problèmes figurent un manque d’intrants agricoles, les stocks n’ayant pu être livrés au début de la saison agricole en raison des restrictions imposées à cause de la pandémie de COVID-19.

Selon Mme Nsimadala il convient d’améliorer les synergies entre la vulgarisation de la recherche et l’agriculture en Afrique.

Elle a demandé l’établissement dans la région de plateformes numériques où les agriculteurs pourront rassembler, partager et utiliser des données.

« Les gouvernements africains doivent s’assurer que les agriculteurs ont accès à un fonds qui leur permet de surmonter les perturbations inattendues. Cette pandémie devrait également nous inciter à penser au meilleur moyen de faire passer la recherche du laboratoire à l’exploitation agricole en vue d’assurer la sécurité alimentaire sur le continent » a-t-elle ajouté.

La réunion qui s’était tenue, afin d’obtenir les points de vue des intervenants dans divers domaines dont la recherche agricole, la technologie et l’innovation sur le continent et susciter leur adhésion, a vu la participation de plus de 200 représentants venus de tout le continent.

Parmi les participants figuraient les organisations de mise en œuvre du CAADP-XP4 que sont le  Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) ; le Centre de coordination de la recherche et du développement agricole de l’Afrique australe (CCARDESA) ; le Forum africain des services de conseil agricole (AFAAS) ; le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) et l’Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique de l’Est et du Centre (ASARECA).

Les contributions faites durant la réunion seront filtrées et utilisées pour élaborer une feuille de route complète et détaillée que les organisations sous-régionales et continentales suivront en vue de remédier aux conséquences de la COVID-19 pour le secteur agricole et la recherche.

 

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