23 octobre 2023 ZLECA, CUA, PDDAA, COMESA, ONUDI
Par Happy Mulolani
L’AFRIQUE dépense plus de 50 milliards de dollars EU par an pour ses importations alimentaires en provenance d’autres régions du monde. Cette situation offre aux pays africains une occasion de se repositionner dans le but d’assurer la sécurité alimentaire du continent.
Dès lors, la Commission de l’Union africaine a conceptualisé le Programme relatif à la création de parcs agricoles africains communs (PAAC) dont le but est d’attirer des investissements privés en vue de créer un grand pôle agroindustriel transfrontalier sur le continent.
Le Programme relatif aux parcs agricoles africains communs est une initiative de l’Union africaine visant à créer des pôles agroindustriels régionaux en vue de répondre à la demande du continent en matière d’interventions destinées à stimuler la transformation locale et le commerce régional de produits agricoles.
Pour trouver des solutions novatrices et faire avancer le PAAC, le Marché commun pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe (COMESA) a accueilli récemment à Lusaka ses États membres qui se sont réunis pour échanger des idées et des expériences afin de mieux aborder la question du commerce intrarégional et régional.
Le PAAC permettra au secteur agro-industriel de l’économie africaine de concrétiser les aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).
Le PAAC, qui a été lancé en 2019, est l’une des initiatives du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) mises en œuvre dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine pour atteindre les engagements du PDDAA-Malabo, notamment celui de « tripler la valeur du commerce intra-africain de produits et de services agricoles. »
Le programme cherche à promouvoir la production alimentaire. Parvenir à l’autosuffisance pour les principaux produits agricoles en Afrique représente un jalon essentiel.
Anselme Vodounhessi, Coordinateur du PACC au FARA a expliqué que le programme visait à stimuler les investissements privés locaux et régionaux dans l’agriculture.
Selon M. Vodounhessi, l’Afrique dispose d’abondantes ressources mais doit concrétiser les perspectives économiques en développant des chaînes de valeur agricoles viables et rentables.
Il a réaffirmé que l’Afrique disposait de terres fertiles et abondantes qui doivent être exploitées pour construire l’Afrique que nous voulons.
L’Afrique a généralement de bonnes stratégies mais leur mise en œuvre constitue un goulet d’étranglement important. Victor Djemba, chef de la division Afrique de l’ONUDI a expliqué que la coordination des principaux acteurs, dans le cadre du processus de mise en œuvre des chaînes de valeur agricoles, demeurait problématique.
- Djemba a reconnu que le secteur privé accomplissait beaucoup de travail mais de manière isolée. Il lui faut donc travailler de manière concertée avec les intervenants du secteur. Pour cela, les parcs industriels proposés doivent fonctionner efficacement et le secteur privé doit être impliqué dès le lancement du projet.
« Il ne s’agit pas de l’œuvre d’une seule entité. Toutes les entités doivent être impliquées pour une participation réussie des acteurs clés à la création et à l’aménagement des parcs industriels » a-t-il ajouté.
- Djemba a indiqué que les principaux acteurs devraient être associés à l’ensemble du processus de mise en œuvre.
« Pour associer les investisseurs dès le début, il convient de suivre les lois et règlements des deux pays pour créer un environnement favorable au développement des parcs industriels » a-t-il ajouté.
Andrew Goodwin, responsable de projets, Unité Développement rural, Agro-industries, Parcs agro-industriels de l’ONUDI a expliqué que tout ce qui est mis en place dans les zones de transformation agricole est axé sur les affaires et qu’il convient d’adopter une approche à long terme. Par conséquent, il doit exister une volonté de mettre en place des zones de transformation agricole dans les parcs industriels. Il est évident qu’il faut un environnement favorable pour que cette approche réussisse.
M Goodwin a en outre indiqué que les parcs industriels se développaient à travers des contrats de location et des services offerts au public.
Par exemple, les parcs industriels en Ethiopie et au Sénégal ont été une réussite grâce aux investissements dans la construction de hangars et la fourniture d’électricité, d’eau et d’autres services de base aux parcs.
Ces entreprises de transformation fournissent entre autres des services commerciaux, des centres de ressources qui leur permettent d’accroître leur base de ressources et de maximiser leur profit. Il est également impératif de tenir compte des conditions climatiques changeantes qui prévalent. Cela devrait pousser les acteurs de la filière à renforcer les capacités d’adaptation au changement climatique.
M Goodwin a indiqué que ces parcs agroalimentaires intégrés se rapportaient à des centres de transformation qui s’efforcent d’étendre leurs activités aux zones rurales. Par exemple, les centres de reproduction, de stockage et de collecte au niveau des exploitations et des collectivités disposeront également de ces centres de transformation.
Il ajouté qu’il était impressionnant que les agriculteurs en Ethiopie et au Sénégal se soient organisés en unions de coopératives qui travaillent en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture et aient également conclu des accords bilatéraux.
La réussite du modèle éthiopien et sénégalais montre clairement que l’agriculture permettra d’assurer la prospérité et sera toujours le secteur le plus économiquement viable à privilégier pour les générations à venir.
L’objectif du PAAC est d’aider les États membres à mobiliser les ressources nationales pour les investir dans les parcs agricoles et assurer la sécurité alimentaire du continent. Il est impératif de ne pas oublier qu’il faut des moyens importants pour assurer la réussite du programme. Les États membres peuvent ensemble identifier de nouvelles possibilités pour le projet transfrontalier afin de permettre à l’Afrique de s’épanouir. – Service national d’information agricole.




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