Par Grace Musimami et Collin Chemutai
À l’ouverture d’un atelier multipartite de trois jours sur le renforcement de la recherche, de la vulgarisation et du développement tenu du 21 au 23 décembre 2025 à Kampala, Son Excellence M. Moses Vilakati, Commissaire de l’Union africaine chargé de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable a, dans une déclaration lue en son nom, invité les organisations agricoles sous-régionales africaines à accélérer l’harmonisation de leurs stratégies avec le programme de grande envergure du PDDAA et le programme de résilience du système alimentaire.
Dans la déclaration lue par M. Kennedy Ayason, responsable du programme de résilience du système alimentaire, le commissaire a souligné qu’il était impératif de s’assurer que toutes les organisations régionales s’alignaient sur les agendas de l’Union africaine.
« Cet atelier n’est pas une réunion technique ordinaire. Il s’agit d’un moment stratégique pour l’Afrique. C’est le moment de consolider les réalisations du PDDAA-XP4. C’est également le moment de concevoir un écosystème continental R E D intégré, numérique, adapté au changement climatique et axé sur le marché » a indiqué Son Excellence M. Vilakati.
Les participants posent pour une photo de groupe lors de l’atelier multipartite de la CUA sur le renforcement de R-E-D
Le commissaire a ajouté que les systèmes alimentaires africains subissaient une pression immense. Les chocs climatiques, les perturbations du marché, les conflits et la volatilité de la chaîne d’approvisionnement mondiale continuent de mettre en évidence les vulnérabilités structurelles de nos systèmes de production. Pourtant, dans le même temps, des possibilités sans précédent s’ouvrent à nous. L’innovation numérique s’accélère. L’entrepreneuriat agricole porté par les jeunes est en plein essor. Le commissaire a en outre révélé que la zone de libre-échange continentale africaine ouvrait de nouveaux horizons pour le commerce intra-africain. Grâce au Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP en anglais), nous disposons désormais d’une plateforme continentale pour renforcer le niveau de préparation, la résilience et favoriser une transformation à long terme.
La réunion multipartite a rassemblé des parties prenantes clés de toute l’Afrique dans le but d’élaborer une architecture de nouvelle génération en matière de recherche, de vulgarisation et de développement (R-E-D en anglais). La Commission de l’Union africaine (CUA), par l’intermédiaire de son département de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable (DARBE), organise cet événement dans le but de fournir une orientation stratégique, de promouvoir le dialogue inclusif et d’assurer l’alignement sur les priorités continentales.
Le Dr Lilian Lihasi Kidula, directrice exécutive de l’AFAAS a souhaité la bienvenue à tous les partenaires en Ouganda. Elle a indiqué que l’AFAAS avait appuyé les préparatifs de la réunion car la vulgarisation constituait un élément fédérateur entre les différents systèmes et acteurs. Elle a en outre souligné la nécessité de travailler en partenariat pour promouvoir le programme continental.
« La vulgarisation joue le rôle d’intégrateur de système et nous devons valoriser chaque composante d’où la nécessité de l’intégration et de la collaboration. Il nous faut toutefois reconnaître le principe de subsidiarité à travers lequel la politique des AEA rencontre la pratique, la recherche rencontre les réalités et l’innovation rencontre les agriculteurs, les entrepreneurs agricoles et les marchés » a indiqué le Dr Lihasi.
Elle a ensuite souhaité la bienvenue à tous les participants en Ouganda. Elle a également tenu à noter que l’atelier, organisé à Kampala, s’inscrivait dans la continuité du rôle de premier plan que joue désormais la ville dans la politique agricole régionale et l’innovation. La ville est également le lieu de la déclaration historique de Kampala sur le PDDAA.
- Kennedy Ayason a expliqué aux participants que la réunion avait pour objectif d’aligner les efforts de recherche, de vulgarisation et d’innovation sur les priorités du FSRP qui comprennent la résilience, l’état de préparation, l’innovation numérique et l’intégration des marchés régionaux pour stimuler la transformation agricole en Afrique.
- Kennedy Ayason de la Commission de l’Union africaine
« Cet atelier n’est donc pas une réunion technique ordinaire. Il s’agit d’un moment stratégique pour l’Afrique. C’est le moment de consolider les réalisations du PDDAA-XP4. C’est également le moment de concevoir un écosystème continental R E D intégré, numérique, adapté au changement climatique et axé sur le marché » a ajouté M. Kennedy Ayason.
Le Dr Aggrey Agumya, directeur exécutif du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), a tenu à remercier les participants d’avoir pris le temps, en cette période de fêtes, de se pencher sur les enjeux du développement en Afrique. Il a affirmé qu’il était nécessaire de consentir à des sacrifices et de faire des affaires autrement pour permettre à l’Afrique d’atteindre ses objectifs.
« Mais au-delà des cadres et des déclarations, ce que nous recherchons, c’est un impact pour les petits exploitants agricoles, les jeunes innovateurs, les femmes entrepreneurs, les investisseurs dans l’agroalimentaire et les millions d’Africains qui dépendent de l’agriculture pour leur survie. Abordons donc cet atelier avec ambition, poursuivons un seul et même objectif et soyons tous déterminés à construire des systèmes alimentaires africains résilients, compétitifs et sûrs » a ajouté le Dr Agumya.
Le Dr Agumya a en outre révélé que les services de conseil numériques, les systèmes d’alerte précoce basés sur l’intelligence artificielle, les plateformes de connaissances interopérables et les technologies résilientes au climat ne sont plus facultatifs, mais constituent désormais la nouvelle frontière du développement agricole. Il a ajouté que la stratégie numérique pour l’agriculture de l’Union africaine, le KM4AgD et le FSRP permettront de construire un écosystème numérique continental qui autonomise les agriculteurs, renforce les institutions et l’état de préparation aux chocs.
Le Dr Dickson Baguma, directeur exécutif de l’ASARECA a rappelé que la recherche devait guider la vulgarisation. Cette dernière doit permettre d’autonomiser les agriculteurs. En outre, les avis et réactions des agriculteurs doivent façonner la recherche adaptative. Et la production doit s’articuler parfaitement avec la transformation et les marchés structurés. Il a ajouté que ce continuum de la recherche aux marchés était le moteur de la transformation agricole en Afrique.
La réunion de trois jours visait également à passer en revue le bilan du PDDAA-XP4, à élaborer un cadre intégré de R-E-D, à renforcer les systèmes de vulgarisation, à explorer les trajectoires numériques et à valider les feuilles de route pour l’investissement et l’intégration des marchés. Les conclusions de l’atelier alimenteront les processus politiques continentaux, notamment le PDDAA, la stratégie numérique de l’Union africaine et l’architecture de mise en œuvre du FRSP.
L’atelier avait pour objectif de favoriser la transformation agricole en Afrique en capitalisant sur les atouts des organisations sous-régionales de recherche (OSR) dans les domaines de la recherche, de la vulgarisation et du développement (R-E-D).




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