Accra, Ghana, 9 juin 2026
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), a ouvert aujourd’hui la Consultation régionale sur les cultures d’opportunité en Afrique, une conférence de trois jours qui se tient du 9 au 11 juin 2026 à Accra, au Ghana.
Cette consultation réunit des décideurs, des chercheurs, des partenaires de développement, des acteurs du secteur privé, des organisations de la société civile, des organisations paysannes ainsi que des institutions régionales afin de promouvoir l’intégration des espèces cultivées négligées et sous-utilisées dans les systèmes alimentaires africains. De plus en plus regroupées sous l’appellation de « cultures d’opportunité », ces espèces comprennent notamment le mil, certaines variétés locales de sorgho, le fonio, le pois bambara, les légumes indigènes ainsi que d’autres cultures traditionnelles profondément ancrées dans les habitudes alimentaires africaines. Toutefois, elles restent peu étudiées, faiblement financées et encore marginalement intégrées dans les systèmes formels d’alimentation, de semences, de recherche et de commercialisation.
Cette conférence intervient à un moment charnière pour les systèmes agroalimentaires africains. Le continent est confronté à des défis interdépendants, notamment la faim, la malnutrition, le changement climatique, la perte de biodiversité, l’urbanisation rapide et une dépendance croissante vis-à-vis des denrées alimentaires importées. Selon la note conceptuelle de la conférence, près d’une personne sur cinq en Afrique souffrait de la faim en 2024, tandis que plus d’un milliard de personnes sur le continent n’avaient pas les moyens de s’offrir une alimentation saine. Dans le même temps, la diversité phytogénétique de l’Afrique, pilier de sa sécurité alimentaire, de sa nutrition, de ses moyens d’existence et de son patrimoine culturel, continue de s’éroder.
Les cultures d’opportunité offrent des solutions concrètes pour relever ces défis. Nombre d’entre elles se distinguent par leur richesse nutritionnelle, leur capacité d’adaptation aux conditions locales et leur résilience face au changement climatique. Bien adaptées aux systèmes de production des petits exploitants, elles peuvent contribuer à la diversification des régimes alimentaires, au renforcement des économies locales ainsi qu’à une agriculture résiliente au changement climatique. Toutefois, leur potentiel demeure largement sous-exploité en raison d’un investissement insuffisant dans la recherche, des systèmes semenciers peu performants, des chaînes de valeur fragmentées, une faible sensibilisation des consommateurs, un accès limité aux marchés et d’un appui politique insuffisant.
À l’approche de cette consultation, les deux organisations partenaires ont souligné la nécessité de repositionner les cultures d’opportunité comme des puissants leviers pour la transformation des systèmes alimentaires africains, compte tenu de leur contribution à la biodiversité, à la nutrition, à la résilience et au patrimoine culturel du continent.
Cette consultation contribuera également à donner un nouvel élan aux politiques continentales dans le sillage de la Déclaration de Kampala sur le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine, qui invite les États membres de l’Union africaine à accroître la production et la consommation de cultures traditionnelles et indigènes nutritives grâce à des mécanismes politiques, réglementaires et financiers appropriés.
Au cours des trois jours de travaux, les participants examineront les expériences nationales et régionales relatives aux cultures d’opportunité, discuteront des cadres politiques et institutionnels et analyseront les approches de conservation et d’utilisation durable de ces cultures. Ils identifieront également des mesures visant à renforcer la production, les systèmes semenciers, les chaînes de valeur, la recherche, les capacités, la sensibilisation ainsi que l’intégration de ces cultures dans les marchés.
Le programme comprendra des sessions techniques sur la levée des obstacles au développement des cultures d’opportunité, le renforcement des connaissances et des capacités, ainsi que la promotion d’actions régionales, la diversité agricole à l’échelle des exploitations et l’adaptation locale. Il portera également sur la conservation des ressources phytogénétiques, l’amélioration des systèmes de sélection et de pré-sélection, le développement des systèmes semenciers et l’élaboration d’analyses de rentabilité des cultures d’opportunité. La consultation se terminera par des travaux en groupe visant à élaborer une feuille de route régionale orientée vers l’action destinée à accélérer l’intégration des cultures d’opportunité dans les systèmes agroalimentaires africains.
La consultation bénéficiera des contributions d’institutions régionales et continentales, notamment la Commission de l’Union africaine, l’ADUA-NEPAD, le CORAF, l’ASARECA, le CCARDESA, les centres du CGIAR, le Crop Trust, des universités, des organisations paysannes, des acteurs du secteur privé et d’autres partenaires œuvrant à la promotion de la biodiversité agricole et de systèmes alimentaires résilients en Afrique.
Cet événement devrait favoriser une compréhension commune des possibilités offertes, des lacunes et des priorités pour l’intégration des cultures d’opportunité en Afrique, tout en renforçant les partenariats entre les gouvernements, les institutions de recherche, les agriculteurs, les acteurs du secteur privé et la société civile. L’un des principaux résultats de la consultation sera une feuille de route régionale, accompagnée d’un plan d’action collaboratif, destinée à orienter les investissements futurs, les réformes politiques et une mise en œuvre coordonnée.
La consultation se tiendra en format hybride et des services d’interprétation seront assurés en anglais et en français pour faciliter une plus large participation en Afrique.
À propos de la FAO
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est une institution spécialisée des Nations Unies qui dirige les efforts internationaux pour vaincre la faim. La FAO collabore avec les gouvernements et des partenaires afin d’assurer la sécurité alimentaire pour tous et de permettre à tous d’avoir accès à tout moment à la nourriture dont ils ont besoin pour mener une vie active et saine.
À propos du FARA
Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) est l’organisation faîtière continentale chargée de coordonner et de promouvoir la recherche agricole pour le développement en Afrique. Le FARA collabore avec des partenaires africains et internationaux pour renforcer les connaissances, l’innovation, la contribution à l’élaboration des politiques et les capacités institutionnelles nécessaires à la transformation des systèmes agroalimentaires africains.
Contact
Sukati Mphumuzi
Responsable principal de l’alimentation et de la nutrition
Bureau régional de la FAO pour l’Afrique
Accra, Ghana
Wole Fatunbi
Forum pour la recherche agricole en Afrique




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