Par Happy Mulolani
Le Programme relatif à la création de Parcs agricoles africains communs (PAAC) est un moyen permettant de propulser des projets transfrontaliers en vue de tirer parti d’initiatives axées sur des produits de base prioritaires ou stratégiques. Cette approche devrait permettre de stimuler le développement et la transformation économiques de l’Afrique conformément, à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
- Themba Khumalo, conseil principal, développement de la chaîne de valeur, Cabinet du Secrétaire général de la ZLECAf, a expliqué que le PAAC impliquait des actions convenues entre deux pays dans le but d’identifier des possibilités commerciales.
« Notre objectif est d’avoir des excédents alimentaires présentés à la vente et lorsqu’il s’agit d’appuyer des projets nationaux, le PAAC vise à promouvoir l’intégration régionale et le commerce » a affirmé M. Khumalo.
- Themba Khumalo, conseil principal, développement de la chaîne de valeur, Cabinet du Secrétaire général de la ZLECAf
Pour catalyser le PAAC, les pays devront justifier le bien-fondé de leurs projets au sein de leurs communautés économiques régionales (CER). Après avoir identifié et concrétisé leurs projets, les pays devront conclure un accord de commerce. Pour assurer le bon fonctionnement du PAAC et le traduire en résultats tangibles, il convient d’attirer les investissements du secteur privé.
- Khumalo a indiqué que dans le cadre de ces investissements, les acteurs du secteur privé devront être en mesure de présenter leurs projets et de mobiliser des ressources en vue de concrétiser les accords commerciaux. Il précise qu’il est préférable d’intégrer les projets existant dans les pays en dehors du PAAC dans les plans d’investissement régionaux afin qu’ils soient reconnus comme des projets d’intégration régionale du PAAC.
« Nous devons changer radicalement notre façon de travailler pour concrétiser et réaliser les objectifs du PAAC » a affirmé M. Khumalo.
Il a indiqué que les pays devaient examiner leurs intérêts nationaux, ce qui existe et la meilleure façon de le développer. Cette démarche devrait s’accompagner d’un engagement politique favorable pour le commerce et, entre autres, éliminer les obstacles au commerce entre les pays désireux de promouvoir le commerce au sein de leurs communautés économiques régionales.
- Khumalo a expliqué qu’un certain nombre de critères énumérés dans la déclaration d’Abuja devaient être remplis pour que le PAAC soit reconnu et appuyé.
Les critères visés dans la déclaration d’Abuja donnent un aperçu de certains des éléments essentiels dans la mise en place d’un PAAC au sein des CER. Il s’agit notamment de considérer son importance stratégique par rapport à l’intégration, à la croissance économique et à la sécurité alimentaire. En outre, il est nécessaire de déterminer ce qui se trouve sur le terrain dans le cadre de l’étude de faisabilité du projet car nous devons disposer d’une assise pour obtenir la participation de certains partenaires à l’étude de préfaisabilité.
Cela signifie qu’il est indispensable de pouvoir compter sur la plupart des entités pour l’étude de faisabilité. La communauté devra donc disposer d’informations de base pour décider et montrer sa capacité à promouvoir l’action régionale. D’une manière générale, il convient de déterminer si les pays situés en dehors des zones d’investissement peuvent s’engager du point de vue des politiques pour permettre au secteur privé de prendre ces décisions. Il est essentiel que les pays examinent d’un œil critique leurs avantages comparatifs et harmonisent leurs investissements en contribuant financièrement aux chaînes de valeur convenues.
L’accord commercial entre le Zimbabwe et la Zambie, nommé « Parc agro-industriel commun (PAC) » et conclu entre les deux pays en 2021, est un exemple typique de PAAC. Le partenariat entre les deux pays est évalué à plus de 12 millions de dollars.
S’exprimant à Lusaka lors de la réunion inaugurale de coordination des Communautés économiques régionales (CER) pour la mise en œuvre du Programme relatif à la création de Parcs agricoles africains communs, Florence Makombe, directrice principale, ministère de l’Industrie et du Commerce du Zimbabwe a expliqué que l’accord commercial s’appuyait sur les échanges bilatéraux existants.
Florence Makombe, Directrice principale, ministère de l’Industrie et du Commerce, Zimbabwe
Mme Makombe a indiqué que le parc agroindustriel Zambie-Zimbabwe comprenait les chaînes de valeur suivantes : soja, produits laitiers, blé, horticulture, maïs et pêche.
« Des progrès ont été accomplis par le Zimbabwe et la Zambie en ce qui concerne l’accord. Il convient de le modifier à la suite de la dernière réunion, portant sur le cadre juridique, tenue à Harare » a-t-elle indiqué.
Selon Musokotwane Sichizuwe, directeur de l’industrie au ministère du Commerce et de l’Industrie, le secteur agricole en Zambie tire parti des conditions météorologiques favorables.
- Musokotwane Sichizuwe (à gauche) du ministère zambien du Commerce et de l’Industrie en compagnie de son collègue, M. Chipoka Mulenga (à droite)
Selon M. Sichizuwe, l’étude de faisabilité qui sera réalisée en Zambie permettra d’examiner en profondeur la plupart de ces critères.
« La Zambie a donné la priorité aux pôles agricoles. Au départ, l’accent était mis sur les zones économiques spéciales, mais il s’étend désormais aux pôles agricoles » a-t-il ajouté.
- Brian Ngandu, ministère de l’Agriculture, Zambie
Selon M. Brian Ngandu, du ministère de l’Agriculture, la Zambie et le Zimbabwe entretiennent depuis longtemps des relations commerciales. Cela constitue un avantage pour les deux pays car l’accord commercial qu’ils ont conclu est susceptible de stimuler les échanges.
Bien que la Zambie et le Zimbabwe n’aient pas les mêmes politiques foncières, ils devront peut-être réformer leurs politiques pour les aligner sur les objectifs du PAAC et renforcer cette initiative des parcs agricoles afin de trouver des opportunités d’affaires pour renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays. –Service national des informations agricoles




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