NIAMEY, le 24 novembre – « Cinq grandes zones agroindustrielles, une dans chaque région d’Afrique seront créées pour servir de grands pôles agricoles sur le continent. Il est donc temps de stimuler les investissements privés et publics dans les agro-industries » a indiqué Josefa Sacko, Commissaire de l’Union africaine pour l’agriculture, le développement rural, l’économie bleue et l’environnement durable.
Mme Sacko, qui intervenait lors d’un évènement parallèle tenu en marge du Sommet de l’Union africaine sur l’industrialisation et la diversification économique à Niamey au Niger, a ajouté qu’il était également temps de libérer le vaste potentiel des marchés financiers africains tels que les fonds de pension, les fonds souverains et les fonds de capital d’investissement des personnalités africaines du monde des affaires. Selon Dejene Tezera, directeur de la division de l’agrobusiness et du développement des infrastructures de l’ONUDI, « les parcs agroindustriels se sont révélés être un instrument efficace pour faciliter les investissements et aider les gouvernements à réaliser leurs programmes de développement ».
L’événement, placé sous le thème « Le Programme relatif à la création de parcs agricoles africains communs, un moyen d’attirer les investissements privés pour établir de grands pôles agroindustriels transfrontaliers sur le continent », était coorganisé par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), la CUA, le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), la Commission économique pour l’Afrique, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, les États membres et les Communautés économiques régionales.
Le PAAC a été mis en place dans le but de créer un certain nombre de parcs agroindustriels transfrontaliers au sein des communautés économiques régionales. Conçu en 2019, le programme est l’une des initiatives concrètes du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) en appui à l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des engagements de la Déclaration de Malabo sur le PDDAA, notamment celui consistant à « tripler le commerce intra-africain des produits de base et des services ». Le PAAC devrait également permettre de créer plus de huit millions d’emplois dans les chaînes de valeur de l’agriculture et de l’élevage. La dimension transfrontalière du PAAC offre un vaste potentiel de développement de liens commerciaux transfrontaliers pour relier toutes les initiatives entrant dans le cadre des parcs agricoles afin de répondre au déficit alimentaire de l’Afrique, actuellement comblé par les importations. Le Directeur exécutif du FARA, Yemi Akinbamijo a fait observer qu’il était temps d’agir et que « l’Afrique ne pouvait plus compter sur ses voisins pour construire son propre grenier ». Le ministre zambien du Commerce et de l’Industrie, Chipoka Mulenga, et le ministre zimbabwéen de l’Industrie et du Commerce, Sekai. I. Nzenza, ont exprimé leur optimisme quant à l’initiative du parc agro-industriel commun, le premier programme conjoint à être piloté dans le cadre du PAAC. Les deux ministres ont fait observer que l’initiative permettra de renforcer le commerce intra-africain, la sécurité alimentaire et les exportations de denrées alimentaires.
L’évènement a rassemblé 100 participants et intervenants de divers domaines. François Kanimba, Commissaire au marché commun et affaires économiques et financières de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale a souligné le rôle essentiel que jouera le PAAC dans la promotion des chaînes de valeur agricole aux niveaux régional et continental. Une publication intitulée « Lignes directrices pour la planification, le développement et la gestion des parcs agroalimentaires intégrés (IAFP en anglais) » vient également de paraître. Ces lignes directrices proposent des recommandations sur la manière dont les IAFP peuvent être adaptées aux conditions et dynamiques locales. Elles ont été mises au point en tenant compte des meilleures pratiques des projets pilotes de l’ONUDI calquées sur les normes internationales en vigueur.
Conformément à la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 2016, l’ONUDI est chargée de diriger la mise en œuvre de la troisième décennie du développement industriel de l’Afrique en collaboration avec l’Union africaine et d’autres partenaires.
Pour en savoir plus, veuillez consulter : https://www.unido.org/AIW2022




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