Mettre le savoir au service de l’action : la communauté de pratique du KM4AgD commence l’année 2026 avec des idées concrètes sur le parcours de la gestion des connaissances-suivi, évaluation et apprentissage

Par Benjamin Abugri et Shaquille Allan Pennaneach

La communauté de pratique (CdP) du KM4AgD a officiellement lancé sa série de webinaires pour 2026 avec une session virtuelle particulièrement interactive axée sur le renforcement du lien entre la gestion des connaissances et le suivi, l’évaluation et l’apprentissage pour un développement agricole fondé sur des données probantes.  Le webinaire, qui s’est tenu le 29 janvier 2026, a réuni des praticiens de la gestion des connaissances, des spécialistes du suivi et de l’évaluation, des chercheurs, des décideurs et des partenaires de développement venus de toute l’Afrique et d’ailleurs dans le monde.

La session, qui était organisée dans le cadre de la série de webinaires bimestriels de la communauté de pratique du KM4AgD, avait pour thème : « Mettre le savoir au service du développement : établir une cartographie du parcours de la gestion des connaissances-suivi, évaluation et apprentissage pour un développement agricole fondé sur des données probantes. » Cet événement s’inscrit dans le cadre des efforts soutenus pour renforcer l’apprentissage, la responsabilité et la culture de l’orientation vers les résultats dans les systèmes de recherche et de développement agricole (AR4D).

Contexte général : pourquoi l’intégration gestion des connaissances-suivi, évaluation et apprentissage est-elle importante ?

 

Benjamin Abugri, responsable du pôle KMDL au FARA

Benjamin Abugri, responsable du pôle Gestion des connaissances, numérisation et apprentissage (KMDL en anglais) a dans son allocution d’ouverture mis en évidence la demande croissante de systèmes efficaces de gestion des connaissances qui vont au-delà de la production de connaissances pour démontrer des résultats concrets en matière de développement.  Il a souligné que, bien que de nombreuses institutions investissent massivement dans des plateformes de gestion des connaissances, les communautés de pratique et les produits d’information, les mécanismes par lesquels ces efforts se traduisent en résultats et en impact restent peu clairement définis et évalués.

Il a noté que ce défi s’avère particulièrement pertinent dans le cadre des grandes initiatives multipartites telles que le PDDAA-XP4 pour lequel les rapports fondés sur des données, l’apprentissage et la gestion adaptative sont essentiels à la réussite du programme.

Perspectives d’experts : des résultats en matière de connaissances à un impact mesurable

Le principal exposé a été présenté par Anselme Vodounhessi, spécialiste principal en suivi, évaluation et apprentissage et coordinateur du PAAC au FARA. Anselme s’est appuyé sur plus de 18 ans d’expérience acquise en Afrique subsaharienne pour fournir des informations pratiques sur la manière dont les interventions en matière de gestion des connaissances peuvent être systématiquement liées aux cadres de résultats.

Il a dans sa présentation expliqué le concept de chaînes de valeur intégrées de gestion des connaissances-suivi, évaluation et apprentissage et montré comment les activités de gestion des connaissances, telles que la création, l’accès, l’adoption et l’utilisation des connaissances, pouvaient être cartographiées en fonction des intrants, des extrants, des résultats et de l’impact. En outre, il a à l’aide d’exemples concrets de programmes, notamment les expériences du consortium PDDAA-XP4, montré comment les institutions pouvaient aller au-delà du simple décompte des produits de connaissance pour mesurer l’adoption, le changement de comportement, l’influence sur les politiques et l’amélioration de la performance institutionnelle.

L’un des principaux points à retenir est l’importance de « maîtriser la boîte noire » entre les extrants et les résultats et de s’assurer que les hypothèses, le positionnement des utilisateurs finaux et les facteurs contextuels sont expressément pris en compte dans la planification et les rapports sur les résultats liés à la gestion des connaissances.

Outils pratiques et application

Les participants ont eu l’occasion de découvrir les outils pratiques de gestion des connaissances et d’évaluation et de suivi des résultats, notamment des exemples de matrices de résultats, d’indicateurs, d’étapes clés et de tableaux de bord utilisés pour suivre la contribution de la gestion des connaissances aux résultats en matière de développement. La session a mis en évidence la manière dont chaque étape du processus de suivi, d’évaluation et d’apprentissage peut servir de point d’entrée pour la gestion des connaissances, renforçant ainsi l’idée que la gestion des connaissances n’est pas une fonction autonome mais fait partie intégrante de la conception et de la mise en œuvre du programme.

Ces outils ont fait l’unanimité chez les participants relevant des programmes financés par des bailleurs de fonds, les organisations régionales et les systèmes agricoles nationaux qui cherchent à renforcer la production de données probantes, la responsabilité et les boucles d’apprentissage.

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