Le FARA, le CCR de la Commission européenne et RUFORUM renforcent la recherche en agroécologie en Afrique grâce à une formation en observation de la Terre

Alors que l’Afrique accélère sa transition vers des systèmes alimentaires résilients et durables, la capacité à produire des données fiables et fondées sur des preuves revêt une importance croissante. Pour accompagner cette transformation, le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), en collaboration avec le Centre commun de recherche de la Commission européenne et RUFORUM, organise du 29 au 30 juin 2026 une formation de deux jours sur l’Observation de la Terre pour l’agroécologie, qui se tiendra à l’hôtel The Palms by Eagles à Accra, au Ghana.

 

Cette formation s’inscrit dans le cadre d’une initiative de renforcement des capacités en amont de la Conférence sur l’agroécologie de CIRAWA (du 1 au 3 juillet 2026) et est organisé dans le cadre de l’initiative du Réseau régional de recherche multi-acteurs (RMRN). Elle réunit des chercheurs et des experts techniques de toute l’Afrique pour renforcer leurs capacités à appliquer les technologies d’observation de la Terre (OT) dans la recherche agroécologique, l’élaboration des politiques et la gestion durable des terres.

 

Renforcer les capacités numériques pour la transition agroécologique en Afrique

L’agroécologie est de plus en plus reconnue comme l’une des approches les plus prometteuses pour transformer les systèmes alimentaires en Afrique. En intégrant des principes écologiques dans la production agricole, elle contribue à l’amélioration de la santé des sols, à la préservation de la biodiversité, au renforcement de la résilience climatique et à la promotion de moyens de subsistance durables.

Toutefois, la généralisation des pratiques agroécologiques nécessite davantage que de bonnes connaissances agricoles. Les chercheurs et les décideurs ont également besoin de données précises, actualisées et géoréférencées pour assurer le suivi des paysages, évaluer les performances des cultures, analyser la biodiversité et comprendre les changements environnementaux.

Les technologies d’observation de la Terre, notamment l’imagerie satellitaire, la télédétection et les analyses géospatiales, offrent précisément ces capacités. Pourtant, dans de nombreuses institutions africaines, des capacités techniques limitées freinent encore leur adoption à grande échelle.

La formation RMRN-CIRAWA répond à ce défi en dotant les participants de compétences pratiques pour intégrer les technologies d’observation de la Terre (OT) dans les systèmes de recherche et d’innovation agricoles et améliorer ainsi la qualité de la recherche, la pertinence des politiques et l’impact sur le développement.

Un partenariat stratégique pour l’excellence en recherche

Cette formation s’inscrit dans le cadre d’une coopération croissante entre institutions européennes et africaines œuvrant au renforcement des capacités scientifiques pour une agriculture durable.

Mené par des spécialistes de l’observation de la Terre du Centre commun de recherche de la Commission européenne, le programme est coordonné par le FARA et RUFORUM, qui sont chargés de la logistique, de la documentation et du partage des connaissances.

Ensemble, les partenaires entendent former une nouvelle génération de chercheurs capables de mobiliser les technologies numériques pour relever les défis agricoles et environnementaux complexes auxquels l’Afrique est confrontée.

Neuf pays africains représentés

Le programme de formation rassemble 14 experts agricoles du réseau RMRN représentant le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Ghana, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

 

En réunissant des chercheurs issus de diverses zones agroécologiques, cette formation favorise l’apprentissage entre pairs, renforce la collaboration régionale et jette les bases de partenariats scientifiques durables qui s’étendent au-delà de l’atelier.

De la théorie à la pratique

Contrairement aux ateliers techniques classiques, cette formation est basée sur une approche résolument pratique.

Les participants commencent par explorer les principes fondamentaux de la télédétection par satellite, de la cartographie d’occupation des sols et des applications de l’observation de la Terre en agriculture, avant de passer à des exercices pratiques utilisant des outils de référence tels que Google Earth Engine (GEE) et QGIS.

Le programme permet aux participants de traiter des images satellites, de produire des cartes de couverture des terres et d’interpréter des données spatiales pouvant appuyer la recherche, les services de vulgarisation agricole et l’élaboration des politiques.

Des études de cas ancrées dans les réalités africaines

L’un des principaux atouts de cette formation réside dans l’importance accordée aux applications africaines du monde réel.

Les participants travailleront sur des études de cas pratiques axées sur :

  • La classification des types de cultures
  • La diversité des cultures à l’échelle du paysage
  • La cartographie des plantations de cacao et de café
  • La caractérisation de l’agroforesterie
  • L’analyse de l’occupation des terres
  • L’estimation du couvert arboré à partir de données sur la hauteur de la canopée.

Les exercices pratiques s’appuient sur des exemples du Kenya et de la Côte d’Ivoire permettant aux participants d’appliquer les technologies d’observation de la Terre à des systèmes de production agricole réels en utilisant des images Sentinel-2 et des méthodes d’apprentissage automatique telles que l’algorithme de classification Random Forest.

 

Contribuer à une meilleure recherche et à de meilleures politiques

Cette formation va au-delà de l’acquisition de compétences techniques.

Les participants devraient renforcer leur capacité à interpréter les informations géospatiales et à traduire les données scientifiques en recommandations stratégiques qui appuient l’agriculture durable.

À l’issue du programme, les participants seront en mesure de :

  • Comprendre les concepts clés de l’observation de la Terre pertinents à l’agroécologie.
  • Accéder aux données satellitaires, notamment les images des satellites Sentinel et Landsat, et les traiter.
  • Appliquer des techniques d’observation de la Terre pour assurer le suivi des systèmes agroécologiques.
  • Élaborer des propositions de recherche intégrant les technologies d’observation de la Terre.
  • Renforcer les réseaux de recherche collaborative en Afrique.

 

Faire progresser le programme de l’agriculture numérique en Afrique

L’innovation numérique transforme rapidement la recherche agricole à l’échelle mondiale.

Les technologies d’observation de la Terre soutiennent désormais l’agriculture intelligente face au climat, les systèmes d’alerte précoce, l’évaluation de la santé des sols, le suivi des cultures, la conservation de la biodiversité et la restauration des paysages. Alors que les pays africains cherchent à améliorer leur sécurité alimentaire tout en faisant face au changement climatique, ces technologies deviennent indispensables.

Grâce à des initiatives telles que la formation RMRN-CIRAWA, les chercheurs africains ont accès non seulement à des outils de pointe, mais également à des réseaux collaboratifs qui favorisent l’innovation, l’échange de connaissances et la prise de décision fondée sur des données probantes.

Perspectives

La formation à l’observation de la Terre marque une étape importante dans le renforcement des capacités scientifiques de l’Afrique en vue d’accélérer la transformation agroécologique.

En associant des technologies géospatiales avancées et un apprentissage collaboratif, le programme donne aux chercheurs les moyens de générer des données exploitables qui soutiennent les agriculteurs, les décideurs et les partenaires de développement sur le continent.

Alors que les préparatifs de la Conférence sur l’agroécologie de CIRAWA 2026 se poursuivent, cette formation témoigne de l’engagement commun du FARA, du Centre commun de recherche de la Commission européenne, du RUFORUM et de l’initiative RMRN à promouvoir des systèmes agricoles résilients grâce à la science, à l’innovation et à la collaboration régionale.

 

Les connaissances acquises et les partenariats établis au cours de ces deux journées continueront d’influencer la recherche, les politiques et le développement d’une agriculture durable bien au-delà de la conférence, contribuant ainsi à façonner un avenir plus sûr sur le plan alimentaire, plus résilient face au changement climatique et plus durable sur le plan environnemental pour l’Afrique.

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