Mettre en valeur les aliments oubliés d’Afrique : un parcours couronné de succès à Accra

Qui je suis : une jeune chercheuse animée d’une mission

Je suis le Dr Ethelyn Echep Forchibe, une entomologiste, chercheuse et enseignante en début de carrière.  Forte d’une formation scientifique acquise au sein de plusieurs institutions internationales, je mets mes compétences au service de l’innovation agricole en Afrique. Mes travaux portent principalement sur la protection intégrée des cultures, la gestion durable des ravageurs et la conservation de la biodiversité. Je suis également profondément engagée dans la formation et l’accompagnement de la nouvelle génération de scientifiques agricoles. J’enseigne à l’Université de Bertoua (Institut supérieur d’agriculture, du bois, de l’eau et de l’environnement (ISABEE)) ainsi qu’à l’Université catholique du Cameroun, à Bamenda (Faculté d’agriculture tropicale et des ressources naturelles (STANR)).

Au-delà de mes activités de recherche, mon expérience d’entrepreneure agroalimentaire spécialisée dans la transformation des aliments indigènes enrichit ma perspective. Elle me permet m’assurer que les résultats de mes travaux se traduisent par des solutions pratiques contribuant à des systèmes alimentaires plus durables et plus résilients.

L’étincelle : un mentorat au service de la valorisation des aliments autochtones

Mon parcours vers la scène continentale à Accra a véritablement commencé quelques années auparavant. En 2023, animée par la volonté de mettre les cultures traditionnelles sur le devant de la scène, j’ai coorganisé avec le Dr Nkafu Therese un séminaire des anciens boursiers du DAAD intitulé « Les aliments africains oubliés : devons-nous consommer local ? » À cette occasion, nous avons eu l’honneur d’accueillir comme conférencier principal, le Pr Wole Fatunbi, Directeur de la recherche et de l’innovation au Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA). Depuis mes études de master, le Pr Fatunbi est un mentor dont les conseils avisés et le soutien constant ont profondément marqué mon parcours professionnel. Fidèle à son engagement en faveur du mentorat, il a continué à suivre l’évolution de mes travaux sur les espèces sous-utilisées. Impressionné par les résultats émergents de mes travaux de recherche, il m’a personnellement invitée à les présenter lors d’une importante rencontre continentale organisée à Accra, au Ghana.

La sélection : de l’invitation à la scène continentale

Grâce à cette recommandation et à la pertinence de nos travaux de recherche, j’ai reçu une invitation officielle du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui ont pris en charge ma participation à la Conférence continentale sur l’intégration des  cultures négligées et sous-utilisées  dans les systèmes alimentaires en Afrique, organisée du 9 au 11 juillet 2026 à l’hôtel Alisa à Accra (Ghana). J’ai été sélectionnée pour présenter mes travaux dans le cadre de la session d’affiches destinée aux jeunes professionnels. Mon affiche était intitulée : « Diversité et perception des consommateurs à l’égard des espèces négligées et sous-utilisées (NUS) dans la région du Nord-Ouest du Cameroun.  Cet exercice représentait un défi aussi exigeant que stimulant : il s’agissait de condenser les résultats de notre recherche intensive sur le terrain en une affiche et de réaliser une présentation éclair de cinq minutes, aux enjeux importants, devant un auditoire composé d’éminents spécialistes.

L’expérience : une synergie de haut niveau à Accra

À notre arrivée à l’hôtel Alisa, l’atmosphère était marquée par un fort sentiment d’engagement collectif. L’événement a réuni des responsables de haut niveau du secteur agroalimentaire, des décideurs et des scientifiques venus de toute l’Afrique autour d’une ambition commune : freiner l’érosion rapide de la diversité génétique et promouvoir l’intégration des cultures négligées et sous-utilisées (NUS) afin de renforcer la résilience face au changement climatique et la sécurité alimentaire. La participation à ce forum organisé en format hybride et multilingue m’a offert une occasion exceptionnelle d’approfondir ma compréhension des progrès réalisés dans la promotion des NUS à travers le continent, ainsi que des feuilles de route régionales et des cadres politiques. L’examen des chaînes de valeur nationales et des stratégies de culture, mené avec des experts issus des délégations anglophones et francophones, a constitué une expérience particulièrement enrichissante et un remarquable exemple de collaboration scientifique transfrontalière.

Le prix et la voie à suivre :  une validation et une vision

Le moment le plus marquant de la conférence a été la cérémonie de remise des prix, au cours de laquelle j’ai eu l’honneur de recevoir le Premier Prix de la meilleure présentation d’affiche dans la catégorie Jeunes chercheurs. La réception de cette distinction, accompagnée d’un certificat signé par des représentants de la FAO et du FARA, dont le Pr Fatunbi, a représenté une reconnaissance significative de mon parcours scientifique. Bien que notre étude ait permis d’apporter des éclaircissements importants sur les NUS, le niveau global de sensibilisation à ces cultures n’est que d’environ 33%. Cette situation s’explique notamment par plusieurs contraintes, parmi lesquelles leur disponibilité limitée sur les marchés, le manque d’informations sur leurs modes de préparation, ainsi que la persistance de certaines croyances culturelles profondément ancrées.  Cette distinction renforce ma détermination à poursuivre mes travaux de recherche afin de contribuer à éliminer ces obstacles pratiques. À l’avenir, je souhaite étendre nos travaux à d’autres régions et poursuivre le plaidoyer auprès des décideurs en faveur de l’intégration des NUS dans les stratégies agricoles nationales et les politiques en matière de nutrition pour mettre en place des systèmes alimentaires résilients.

Remerciements

Cette distinction est le fruit d’un effort collectif, et je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes et institutions qui ont contribué à rendre cette réussite possible. J’adresse mes sincères remerciements au FARA et à la FAO pour avoir soutenu ma participation à cette rencontre, pour la confiance qu’ils m’ont accordée et pour avoir créé une plateforme dédiée aux jeunes chercheurs africains. J’exprime également ma profonde reconnaissance au Pr Wole Fatunbi pour ses nombreuses années de mentorat inestimable ainsi que pour la confiance qu’il m’accorde depuis mes études de master. Son accompagnement a joué un rôle déterminant dans cette étape importante de mon parcours. Mes remerciements vont également à mes co-auteurs et collaborateurs de recherche, Glenn-Neuville Akwenui (mon premier étudiant de premier cycle), Akwa Nerine Kecha et le Dr Ignatius Azeteh, ainsi qu’à l’ensemble de nos assistants de terrain. Leur dévouement lors de la collecte de données a largement contribué à obtenir ces résultats. Enfin, et par-dessus tout, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à ma famille pour son soutien indéfectible. Concilier les responsabilités professionnelles et ma vie familiale en tant qu’épouse et mère n’aurait pas été possible sans votre amour infini. Cette victoire est celle de chacun d’entre nous !

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