L’avenir des emplois et la révolution numérique : pleins feux sur le Cadre des compétences disponibles au sein des chaînes de valeur agricoles

Au cours des 30 prochaines années, la population active africaine augmentera de 800 millions et la population totale du continent devrait atteindre 2,5 milliards en 2050.  Toutefois, au cours des vingt premières années, la majorité de la population africaine restera rurale en dépit de l’urbanisation rapide de nombreux pays. Cette évolution démographique montre qu’il est nécessaire de se préparer pour les changements que subit le marché du travail : les anciens métiers sont remplacés par de nouvelles professions en raison de l’automatisation du secteur manufacturier.

Toutefois, ces pertes d’emploi ne devraient pas se produire en Afrique malgré l’accroissement et la jeunesse de sa population. Selon un rapport publié par la Banque mondiale,  l’automatisation liée à la révolution numérique pourrait transformer la nature du travail. En outre, cette révolution donnera lieu à des perturbations qui pourraient avoir un impact positif sur les secteurs économiques dont l’agriculture en Afrique.

Le rapport identifie spécifiquement les faibles niveaux d’adoption des technologies, la faiblesse du secteur manufacturier ainsi que la faible demande de divers produits comme vecteurs d’une transformation structurelle qui permettrait en fait de créer des emplois plutôt que d’en détruire. La révolution numérique devrait notamment permettre de réduire les coûts d’adoption des technologies ce qui stimulerait la croissance des entreprises, créerait des emplois pour tous et rendrait les produits plus abordables. En outre, le secteur informel emploie la grande majorité des travailleurs en raison du faible niveau d’éducation en Afrique. Par conséquent, les technologies conçues pour satisfaire les besoins de production pourraient aider les Africains à apprendre davantage et gagner plus.

Toutefois, le problème réside dans le fait que la production a lieu en Afrique. Dans le paysage de la recherche agricole pour le développement (AR4D), cela exigerait de renforcer les systèmes de chaînes de valeur agricole en mettant en place des infrastructures technologiques et du savoir qui contribuent à mettre les technologies et les produits de la connaissance à la disposition des utilisateurs finaux.

En raison de la faiblesse du secteur manufacturier en Afrique, la dichotomie entre ce que l’on appelle les anciennes et nouvelles filières laisse un énorme fossé, ce qui pourrait servir de catalyseur aux innovations et stimuler la croissance agricole.  Pour combler ces lacunes, il est nécessaire de développer les compétences requises.

À cet égard, le Cadre des compétences disponibles au sein des chaînes de valeur agricoles, élaboré par le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA),  constitue un outil stratégique pour tirer profit de la révolution numérique en appuyant la formulation et la mise en œuvre des politiques appropriées pour soutenir ce que l’on appelle les « trois C » de l’Afrique : concurrence, capitaux et capacités qui sont au cœur du Cadre des compétences disponibles au sein  des chaînes de valeur agricoles.

Il nous faut, en tout premier lieu, contribuer à un renforcement des Centres d’excellence africains dans le domaine de la prospective, de la science, de la technologie et de l’innovation (STI) ainsi que de l’entreprenariat agricole lié à des chaînes de valeur spécifiques pour améliorer la formation du capital humain. Par ailleurs, le Cadre des compétences disponibles au sein des chaînes de valeur agricoles contribuera à assurer une distribution équitable des moyens de subsistance en vue de garantir la protection sociale des couches vulnérables de la main d’œuvre agricole.

 

Abdulrazak Ibrahim (PhD)

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