Examen de 100 percées radicales innovantes susceptibles de transformer durablement l’avenir et l’agriculture africaine

Les efforts déployés en vue de stimuler la croissance de l’agriculture africaine au cours de la prochaine décennie sont soutenus par des innovations, la commercialisation et l’autonomisation des jeunes, qui sont toutes tributaires des grandes tendances dans la recherche agricole pour le développement (AR4D) en Afrique. La mise en œuvre de l’Agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique (S3A), qui accorde actuellement la priorité à la gestion après récolte et aux changements climatiques, dépendra des ressources stratégiques qui appuient le renforcement des capacités en science, technologie et innovation en vue de la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

À cet égard, le rapport publié récemment par la Commission européenne et intitulé  100 percées radicales innovantes susceptibles de transformer durablement l’avenir constitue l’une de ces ressources. Selon cette étude prospective qui repose sur la perturbation créative, les structures existantes seront bouleversées lorsque les modifications apportées simultanément aux éléments sociaux, technologiques et économiques déboucheront sur un changement de paradigme technologique et économique.

Le rapport présente les percées et innovations potentielles au cours des deux prochaines décennies comme étant des catalyseurs ou des obstacles au passage à la durabilité.  Dans le cadre de ce qui semble être estomper la frontière entre la fiction et la réalité, l’étude met en exergue des technologies émergentes et futures susceptibles d’apporter des changements radicaux dans l’économie mondiale. Dans le secteur agricole, l’étude recense des innovations telles que  (i) l’agriculture de précision ; (ii) l’imagerie hyperspectrale pour assurer le suivi ultérieur des terres à vocation agricole  ; (iii) le jardinage d’intérieur qui combine les innovations technologiques et les nouvelles pratiques sociales ;  (iv) le jardinage communautaire qui relie les  producteurs alimentaires aux consommateurs qui se trouvent dans la même région géographique ; (v) la permaculture qui intègre la relation homme-nature ; (vi) l’intelligence en essaim  pour reproduire un comportement collectif tel que celui des abeilles dans une ruche ; (vii) la photosynthèse artificielle et la communication végétale ; (viii) les capteurs biodégradables et  (ix) les habitats sous-marins.

En tout, le rapport recense 87 technologies émergentes et 13 innovations sociales qui dépendent de facteurs tels que la santé, le bien-être et la durabilité. Le rapport, qui est publié au moment de l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange continental africain, devrait orienter l’élaboration d’un cadre multidisciplinaire pour apporter un appui technique et donner des conseils aux pays membres sur les innovations et les percées décrites ci-dessus.

 

Le rapport fait également ressortir la nécessité de renforcer davantage les capacités (individuelles, institutionnelles et systémiques) en vue de réaliser les objectifs de développement durable alignés sur l’agriculture, l’accent étant mis sur le développement de compétences non techniques, des investissements ciblés dans les établissements d’enseignement supérieur, une refonte des programmes d’étude et une collaboration internationale en vue de soutenir des programmes adaptés et trouver des solutions locales qui permettront à l’Afrique de faire face aux défis du 21e siècle et au-delà.

 

Abdulrazak Ibrahim, 04/10/2019

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