PLAIDER EN FAVEUR D’INVESTISSEMENTS INTELLIGENTS EN MATIÈRE DE GENRE EN VUE DE LA PROMOTION DE LA SCIENCE, DE LA TECHNOLOGIE ET DE L’INNOVATON DANS LE CADRE DE LA RECHERCHE AGRICOLE POUR LE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE

#CHOOSETOCHALLENGE (Choisir de relever le défi)

Karen Munoko Nguru

Cette année, la Journée internationale des femmes se tient dans un contexte sans précédent. Le continent, plus précisément le secteur agricole, commence à se remettre lentement de la pandémie de  COVID-19. Cette situation offre une occasion de « reconstruire en mieux ». Toutefois, cela exige également des mesures pratiques immédiates qui permettent de relever les problèmes systémiques qui empêchent une pleine participation des femmes à la recherche agricole pour le développement (RAD).

Les femmes dans la recherche agricole pour le développement en Afrique font face à de nombreux obstacles dont une discrimination systémique dans l’accès à la terre, la charge des travaux non rénumérés et des salaires inférieurs à ceux de leurs homologues masculins[1].  Les femmes sont souvent exclues des postes à responsabilité à tous les niveaux.  Le FARA demande instamment que soient reconnues toutes les femmes leaders de la RAD africaine ainsi que les femmes qui jouent un rôle important dans la transformation du système alimentaire africain.

Les femmes sont responsables de  60 à 80 pour cent[2] de la production alimentaire mondiale. Par conséquent, donner aux femmes la possibilité d’accroître la durabilité des systèmes alimentaires augmentent les chances de réussite d’une telle transformation.  Le FARA reconnaît le rôle joué par les femmes et continue d’exhorter les partenaires régionaux, sous-régionaux, nationaux et mondiaux à accroître les investissements dans des approches intelligentes en matière de genre en vue de faire avancer la science, la technologie et l’innovation dans la RAD africaine. Le FARA plaide également en faveur d’une plus grande égalité des sexes au niveau des politiques et des stratégies à travers la position commune africaine pour le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires (2021) et le Projet d’appui aux organisations régionales et sous-régionales africaines pour la recherche et l’innovation agricoles anciennement en charge du pilier IV du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (CAADP-XP4).

Le FARA fait également la promotion de l’égalité entre les sexes dans le cadre du Compact catalyseur pour le Renforcement des capacités et la diffusion des technologies (CDTO) du programme Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique (TAAT) de l’initiative « Nourrir l’Afrique » de la Banque africaine de développement (BAD).  Il faut notamment adopter une approche holistique en vue de surmonter les défis et favoriser l’émancipation économique des femmes. Bien que les interventions mettent en général l’accent sur l’impact ou les résultats, le FARA plaide en faveur de pratiques qui permettent d’examiner les liens entre l’intervention et le résultat. Ces approches ont été appliquées dans le cadre du CDTO du TAAT.

Le Rapport sur le développement humain en Afrique 2016 indique que les disparités entre les genres coûtent quelque 95 milliards de dollars US par an en moyenne à l’Afrique subsaharienne[3]. Investir dans des approches intelligentes en matière de genre pourrait donc déboucher sur des avantages économiques. En outre, selon l’Institut mondial McKinsey 12 à 28 trillions USD[4] pourraient être injectés dans l’économie mondiale si la parité hommes femmes en matière de résultats économiques est atteinte. Par conséquent, les femmes leaders sont un catalyseur essentiel du changement étant donné qu’elles contribuent à autonomiser d’autres femmes, à sensibiliser et à servir de modèles.

Au moment où le FARA célèbre la Journée internationale des femmes, nous reconnaissons la contribution vitale des femmes à l’économie agricole de l’Afrique. Nous nous réjouissons également à la perspective de réaliser des plans d’action conjoints en vue d’accroître la participation des femmes à la recherche agricole pour le développement. La Journée internationale des femmes de cette année est l’occasion d’exhorter les partenaires à s’élever contre les obstacles systémiques et institutionnels qui empêchent les femmes de participer pleinement à la science et à l’innovation technologique en vue de l’amélioration du système alimentaire du continent.

 

 

[1] “Encadré 1 : Progress towards Gender Equality in Wages, Where Do We Stand?,” Global Gender Gap Report 2020 (blog), accessed March 8, 2021, https://wef.ch/2rPU0C7. (Encadré  1 : Progrès accomplis en matière de rémunération hommes-femmes, où en sommes-nous ? Rapport 2020 du Forum économique mondial sur l’inégalité hommes-femmes,  (blog), consulté le 8 mars 2021,)

[2] “What’s the Truth about the Role of Women in Agriculture Today?,” Water, Land and Ecosystems, February 28, 2018, https://wle.cgiar.org/thrive/big-questions/what-truth-about-role-women-agriculture-today.(Quelle est la vérité sur le rôle des femmes dans l’agriculture aujourd’hui ?, Eau, terres et écosystèmes, 28 février 2018)

[3] C. Leigh Anderson et al., “Economic Benefits of Empowering Women in Agriculture: Assumptions and Evidence,” The Journal of Development Studies 57, no. 2 (February 1, 2021): 193–208, https://doi.org/10.1080/00220388.2020.1769071. (Les avantages économiques de l’autonomisation des femmes dans l’agriculture : hypothèses et preuves, la revue des études du développement)

[4] Anderson et al.

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