LA SCIENCE AU SERVICE DE L’AGRICULTURE PREND UNE AMPLEUR SANS PRÉCÉDENT EN AFRIQUE affirme le Président de la BAD

Le Président de la Banque africaine de développement a lancé un vibrant appel à renforcer les instituts de recherche pour le développement sur le continent. Il a souligné, en s’appuyant sur des données empiriques, que les plateformes de diffusion de la technologie fonctionnaient et qu’il était temps de remodeler le FARA et d’appuyer le développement des chaînes de valeur agricoles. Ces sentiments ont été exprimés dans son exposé liminaire à l’occasion de la 8e édition de l’Assemblée générale du FARA tenue le 25 novembre 2020.

Selon le Président de la Banque africaine de développement, Dr Akinwumi Adesina, la faim est le plus grand risque auquel est confronté l’Afrique. Pour atténuer ce risque, il est essentiel de conjuguer de toute urgence nos efforts en matière de sécurité alimentaire et pour nous relever de la pandémie de COVID-19.  Selon Dr Akinwumi Adesina, les temps des études pilotes en Afrique sont révolus et le moment est venu de travailler sur une grande échelle et plus rapidement pour atteindre des dizaines de millions d’agriculteurs et leur permettre de bénéficier des technologies agricoles ainsi que d’un accès accéléré au marché et au financement en vue de stimuler la création de richesse.

L’exposé liminaire du Président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) avait pour thème Institutions, Innovation, Impact. Il a félicité le FARA d’avoir réussi malgré la pandémie mondiale à tenir son Assemblée générale et a souligné l’impact de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle sur le continent et les efforts requis pour atténuer ses effets.

« Environ 250 millions de personnes en Afrique souffrent aujourd’hui de malnutrition…Même si nous devons faire face ensemble à l’impact de la COVID-19, la faim est le plus grand risque auquel est confronté l’Afrique. Sans alimentation saine, les médicaments et les vaccins sont sans effet. Par conséquent, nous devons de toute urgence combiner la sécurité alimentaire et le relèvement face à la pandémie de COVID-19. »

Dr Adesina a passé en revue les résultats impressionnants découlant du déploiement des technologies pour montrer qu’il était possible de mobiliser la science, les plateformes de diffusion de la technologie et les partenariats institutionnels pour promouvoir l’agriculture africaine. Il a invité toutes les parties prenantes à faire davantage pour renforcer les instituts de recherche pour le développement sur le continent.

Le Président de la BAD a réaffirmé l’engagement de la Banque à appuyer l’écosystème de la recherche agricole sur le continent et a ajouté ce qui suit :

 « Il est temps de remodeler le FARA et les écosystèmes de recherche pour le développement au niveau régional… Les systèmes agricoles en Afrique doivent être modernisés, intégrés et bien appuyés en vue d’obtenir une production et une transformation des produits agricoles et alimentaires à grande échelle… La Banque africaine de développement entend soutenir fermement le FARA, les organisations paysannes et le secteur privé en vue de favoriser leur expansion et perpétuer le succès de l’agriculture africaine. »

Dr Adesina a conclu son exposé liminaire en indiquant que la réussite à grande échelle dépendra de la disponibilité des technologies agricoles appropriées, de l’appui d’écosystèmes institutionnels innovants ainsi que d’un financement qui permettra de renforcer la compétitivité des chaînes de valeur agricoles en Afrique.

« La montagne pourrait se révéler abrupte, le voyage pourrait être long mais nous n’en serons pas découragés pour autant parce que le chemin que nous avons parcouru nous donne de l’espoir. Que cet espoir suscite l’enthousiasme et que cet enthousiasme nous propulse vers la réalisation de notre vision. Parce que notre mission ne sera accomplie que lorsque l’Afrique sera nourrie et que nous obtiendrons un accès complet aux richesses agricoles » a-t-il affirmé.

Selon le Commissaire à l’économie rurale et à l’agriculture de la Commission de l’Union africaine, Son Excellence Madame l’Ambassadeur Josefa Sacko, « il serait paradoxal que l’Afrique laisse de côté la recherche et le développement agricoles et continue d’ambitionner de transformer l’agriculture et d’afficher de bonnes performances. »  

Mme l’Ambassadeur Sacko a souligné la nécessité d’accorder la priorité aux investissements dans la recherche agricole pour le développement en Afrique en citant en exemple d’autres continents qui tirent les avantages que procurent les investissements dans la recherche agricole en vue de fournir les technologies rentables les plus modernes à leurs populations agricoles.

 « Nous ne saurions attendre plus longtemps des financements conjoncturels, qui font défaut, pour gérer la science, la technologie et l’innovation dans le domaine agricole. »  

Son Excellence Mme l’Ambassadeur Josefa Sacko a réaffirmé la détermination de la Commission de l’Union africaine à travailler de concert avec le FARA, dans le cadre de son mandat continental, pour renforcer le déploiement de la recherche, de la science et de la technologie en vue de la réalisation des objectifs fixés pour 2025 dans la Déclaration de Malabo sur le PDDAA de doubler la productivité, de réduire de moitié les pertes après récolte et de renforcer la résilience aux risques liés au climat et aux autres risques connexes tels que les criquets et la pandémie de COVID-19. Elle a de nouveau appelé à mobiliser un financement interne d’urgence en vue d’appuyer la recherche agricole pour le développement sur le continent.

« Encore une fois, je réitère mon appel en faveur de l’allocation d’au moins 10% des ressources financières d’urgence mobilisées pour faire face à la COVID-19 à l’appui à la recherche au service de la science, la technologie et l’innovation en Afrique. »

L’Assemblée générale du Forum pour la recherche agricole est un événement statutaire et sa 8e édition a pris fin le 25 novembre 2020 sur un appel lancé par le Forum et ses collaborateurs aux dirigeants du continent pour qu’ils réorientent de toute urgence des investissements vers la recherche, la technologie et l’innovation dans le domaine agricole en vue d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle sur le continent.

À propos du FARA

Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) est l’organisation faîtière pour la recherche et l’innovation dans le domaine agricole en Afrique. Il est également l’organe technique de la Commission de l’Union africaine et de l’Agence de développement de l’Union africaine (ADUA-NEPAD) pour les questions relatives à la recherche agricole et à l’innovation. Le FARA facilite le déploiement des sciences, des technologies et des innovations en vue d’accélérer la réalisation des objectifs en matière de sécurité alimentaire tels qu’énoncés dans le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) et la Déclaration de Malabo de 2014 sur la croissance et la transformation accélérées de l’agriculture. Le FARA travaille en étroite collaboration avec les organisations sous-régionales (ASARECA, CCARDESA et CORAF) ainsi qu’avec le Forum africain des services de conseil agricole (AFAAS). Ces organisations mettent conjointement en œuvre le programme PDDAA-XP4 qui est co-financé par la Commission européenne et le FIDA. Ce programme devrait permettre de renforcer les capacités de collaboration de ces organisations ainsi que leur capacité à aider les pays à mettre en œuvre une transformation de leurs systèmes agricoles axée sur la science et liée au climat.

https://faraafrica.org/

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