Assurer la sécurité alimentaire de l’Afrique… Nos actions détermineront ce que nous serons dans l’avenir

La journée mondiale de l’alimentation est placée cette année sous le thème « Cultiver, nourrir, préserver ! Ensemble. Agir pour l’avenir. ».  On ne saurait trop souligner l’importance de ce thème pour l’Afrique. Nos actions détermineront ce que nous serons dans l’avenir.

La sécurité alimentaire et nutritionnelle a toujours été au cœur des discussions sur le développement. Au cours des dernières décennies, l’Afrique et quelques pays d’Asie ont fait face à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire. Le monde vise à atteindre la « Faim Zéro » d’ici 2030. Des statistiques récentes indiquent que sur les 7,5 milliards d’habitants que compte la terre, environ 25% sont en situation d’insécurité alimentaire. Une forte proportion de ces personnes se trouve en Afrique et vit dans les zones rurales. Un rapport récent de la FAO indique que la sécurité alimentaire (faim visible et invisible) en Afrique s’est relativement améliorée. En 2019, 256 millions d’Africains, soit 20% de la population, souffraient de malnutrition. Quatre-vingt-treize pour cent (93%) de ces personnes se trouvaient en Afrique subsaharienne et sept pour cent (7%) en Afrique du Nord. L’amélioration est encore trop timide pour être perceptible dans la qualité de vie des populations.

L’insécurité alimentaire et nutritionnelle résulte de nombreux facteurs cumulatifs (pauvreté, agriculture de subsistance, changements climatiques, situation économique précaire, mauvaises politiques, institutions faibles, conflits, etc.). Il faudra adopter une approche multidimensionnelle, multisectorielle et déterminée pour remédier de manière durable aux facteurs cumulatifs susmentionnés. Une telle approche nécessitera un dispositif de contrôle pour fournir les résultats escomptés.

La pandémie de COVID-19 est un avertissement aux décideurs en Afrique ainsi qu’à l’ensemble de la population.  Heureusement, les prévisions apocalyptiques sur les ravages de la COVID-19 sur le continent ne se sont pas réalisées. Toutefois la pandémie a eu un impact important sur la disponibilité et le prix des denrées alimentaires. Il est essentiel que les pays africains investissent davantage dans la science et l’innovation tout au long de la chaîne de valeur agricole pour assurer une productivité élevée et trouver des solutions plus économiques pour le stockage et la distribution de vivres.

La notion de stockage de vivres est capitale en période de crise. De même, la taille des réserves alimentaires d’un pays revêt une grande importance dans la gestion de la sécurité alimentaire notamment en période de crise.

Dans le cadre de la contribution de la recherche agricole et de l’innovation à l’atténuation de l’impact de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire, le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) et les  partenaires d’exécution du programme CAADP XP4, financé par l’Union européenne ont souligné le rôle que jouent les  investissements dans les installations de stockage des produits alimentaires dans la stabilisation des prix des produits alimentaires, atténuant ainsi les risques liés à l’agriculture. C’est l’une des mesures qui permettront d’attirer les jeunes dans le secteur de l’agriculture dont la main d’œuvre est vieillissante.

Les investissements continus dans la recherche pour produire de nouvelles connaissances et technologies sont une condition nécessaire à la réalisation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. L’Afrique ne pourra atteindre sa sécurité alimentaire en externalisant la création des technologies dont elle a besoin pour développer son secteur agricole. Il est donc nécessaire que les pays adoptent l’Agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique  comme instrument pour définir et mettre en œuvre leurs programmes de transformation de l’agriculture.

Les investissements publics et privés dans l’agriculture jouent un rôle fondamental dans l’expansion rapide de l’agriculture commerciale.   C’est évident au Nigeria où les chaînes de valeur du riz et de la volaille connaissent une véritable révolution. L’exemple du Nigeria montre qu’avec une forte volonté politique, des investissements appropriés et des infrastructures adéquates, l’Afrique peut se nourrir elle-même. Il faut que cet élan soit soutenu et étendu à d’autre produits et à travers le continent. C’est également une condition nécessaire à la réalisation de la vision de l’Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

De toute évidence, savoir que nos actions détermineront notre avenir est le pilier de notre philosophie d’ensemble.  Par conséquent, toutes les parties prenantes doivent unir leurs efforts pour « développer le système alimentaire, nourrir la population et soutenir l’économie et l’intégration régionale ! Ensemble, oui – ensemble.

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